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Le livre de vie ou La posterité de Dieu
Copyright 2006-2008 Patrick Oculi RINALDO

Extrait de " Harmaguédon la bataille a commencé "

le Livre de vie,

ou la postérité de DIEU

 

Galates 4:21 et suivants

 

" Dites-moi, vous qui voulez être sous la loi, n’entendez-vous point la  loi?  Car il est écrit qu’Abraham eut deux fils, un de la femme esclave, et un  de la femme libre.   Mais celui de l’esclave naquit selon la chair, et celui de la femme libre  naquit en vertu de la promesse.   Ces choses sont allégoriques; car ces femmes sont deux alliances. L’une  du mont Sinaï, enfantant pour la servitude, c’est Agar, -   car Agar, c’est le mont Sinaï en Arabie, -et elle correspond à la Jérusalem  actuelle, qui est dans la servitude avec ses enfants.   Mais la Jérusalem d’en haut est libre, c’est notre mère;   car il est écrit: Réjouis-toi, stérile, toi qui n’enfantes point ! Eclate  et pousse des cris, toi qui n’as pas éprouvé les douleurs de l’enfantement !  Car les enfants de la délaissée seront plus nombreux que les enfants de  celle qui était mariée.   Pour vous, frères, comme Isaac, vous êtes enfants de la promesse;   et de même qu’alors celui qui était né selon la chair persécutait celui  qui était né selon l’Esprit, ainsi en est-il encore maintenant.   Mais que dit l’Ecriture? Chasse l’esclave et son fils, car le fils de  l’esclave n’héritera pas avec le fils de la femme libre.   C’est pourquoi, frères, nous ne sommes pas enfants de l’esclave, mais de  la femme libre.   C’est pour la liberté que JESUS-CHRIST nous a affranchis. Demeurez donc fermes,  et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude."

 

Le modeste commentaire biblique que nous nous proposons d'établir, trouve dans ces versets tirés de l'Epître de Paul aux Galates, le lieu d’une mise au point préliminaire et d’un positionnement radical sans lesquels la suite de notre propos deviendrait très vite abscons.

La douceur et la compassion évangéliques pour l'âme perdue, pour le frère qui doute et qui chute, ou pour celui qui est dans l'erreur, ne peuvent justifier que l'on transige avec l'hérésie millénariste.

Cette doctrine, néfaste dans toutes ses variantes, est un voile épais jeté sur l'Ecriture, un obscurcissement de l'espérance chrétienne, une réduction blasphématoire de la bonté de DIEU, une incompréhension manifeste du mystère de l'Eglise, une invitation dangereuse à accepter des torsions irrationnelles dans la doctrine, et enfin un appel à garder les yeux fixés vers le sol. C'est dans le ciel, que l'astre qui préside au jour, celui qui éclaire la nuit, et les étoiles ont été placés afin de nous éclairer, chacun pour sa part, et en son temps. 

Nous tenterons de parcourir le texte biblique, à la lumière de la doctrine telle qu'exposée par l'Apôtre Paul, et l'auteur de l'Epître aux hébreux. Nous essayerons de mettre en lumière toutes les interprétations symboliques qui semblent émerger, en nous appuyant sur le principe de l'analogie de la Foi, sans présumer du silence des Pères de l'Eglise sur les passages en question. Le bref commentaire que nous ferons des versets cités en introduction, devrait donner le ton et confirmer la méthode.

Notre propos se veut un appel décomplexant à lever les yeux vers les Cieux, vers la Jérusalem Céleste, là où notre Seigneur JESUS-CHRIST,  notre Roi de Gloire,  nous a fait asseoir.

Nous disions donc, que ce à quoi nous vous invitons, est une relecture de Galates 4:21 à 5:1, telle que l'apôtre Paul nous l'a écrit, et non à travers les prismes déformants d'une doctrine qui conduit une multitude de lecteurs à opérer une étrange substitution ! En effet, un rapport entre la Jérusalem terrestre et la Jérusalem céleste, un rapport entre les enfants nés de la femme esclave et ceux nés de la promesse faite à la femme libre, se transforme en rapport entre Juifs et Arabes. L'actualité des conflits israélo-arabes, et la mention du mont Sinaï en Arabie dans l'Epître, faisant office de miroir grossissant pour cette doctrine. La confusion dans la lecture est entretenue, quand elle entre en résonance avec les généalogies sans fin de la Bible dite « Scofield ».  

Le texte n'est plus lu, mais il est survolé, et il en ressort une approche qui est la négation même de l'enseignement de l'apôtre Paul. La vision allégorique, par laquelle l'apôtre nous instruit, et nous ouvre des voies pour comprendre les écritures, est ramenée à des considérations de généalogies réelles ou supposées, et à des conflits fratricides. Ce voile, injustement jeté sur l'Ecriture, par les tenants de la doctrine millénariste, fait de plus écho à un sentiment de culpabilité très répandu vis à vis des Juifs, en rapport avec l'abominable Shoa. Osons, sans complexe, dire que l'Evangile a fixé de longue date, la fin du rôle eschatologique d'Israël en tant que nation. Osons dire que c'est JESUS-CHRIST lui-même en Actes 1:6-7, qui clôt le chapitre, lorsqu' à cette question de ses disciples, ces juifs qui sont nos pères dans la foi :«  Est-ce en ce temps que tu rétabliras le royaume d’Israël? »; il répond : « Ce n’est pas à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. »

Il n'y a certes pas négation de l'évènement à venir, c'est à dire le rétablissement d'une nation israélienne, en tant que nation souveraine. Evénement quelque peu impensable il y a juste un siècle, mais il y a une réponse cinglante, appelant les disciples à détourner leur regard de cet événement.

Il n'est pas constitutif de ce que nous devons savoir. De ce que nous devons avoir en ligne de mire.

Or, c'est ce même JESUS-CHRIST qui, pendant le temps de son ministère terrestre, instruisait très longuement ses disciples sur le moment de son avènement[1]. C'est ce même JESUS-CHRIST qui, de l'apôtre Paul à l'apôtre Jean, des Evangiles à l'apocalypse, nous appelle à la vigilance, et nous enseigne les signes de son retour. Avait-il changé après sa résurrection ? Nous croyons qu'il est le même, hier, aujourd'hui et demain, et qu'en conséquence, il a bien signifié à ses disciples que la reconstitution du royaume d'Israël, ne devait plus être pour eux un enjeu eschatologique significatif, un signe des temps auquel se référer.

Il est remarquable de constater par contre, qu'il n'en fut pas de même de la destruction de Jérusalem ; destruction qui fut annoncée[2]. En d'autres termes, notre Seigneur JESUS-CHRIST fixe la fin eschatologique de la nation d'ISRAEL, à la destruction de Jérusalem en l'an 70. Nous disons fin eschatologique, comme devant faire sens, dans une vision chrétienne de la fin. Précisons encore, à toutes fins utiles, que nous parlons de la nation d'Israël dans sa prééminence sacerdotale. La reconstitution et la pérennité de l’Etat Juif d’Israël, relèvent de considérations humaines, politiques, et stratégiques, qui sont sans rapport avec l’eschatologie Chrétienne. Au demeurant, tous les individus, tous les hommes, Juifs ou non Juifs, sont appelés à la repentance et à la foi en JESUS-CHRIST, pour être sauvés. 

La Loi de Moïse,  n'est-elle pas claire avec cette question?

JESUS-CHRIST est mort à Jérusalem ! Et si tant est qu’il fut l’époux d’Israël de la chair, par sa crucifixion à Jérusalem, le lien est mort.

Et si certains chrétiens voient toujours en JESUS-CHRIST, l'Epoux d'Israël, qu’ils se rappellent que c’est en cette qualité qu’il fut rejeté et mis à mort. Et donc par sa mort, il n'est plus lié à cette épouse.

 Romains 7:1 «  Ignorez–vous, frères, –car je parle à des gens qui connaissent la loi, –que la loi exerce son pouvoir sur l’homme aussi longtemps qu’il vit ? Ainsi, une femme mariée est liée par la loi à son mari tant qu’il est vivant; mais si le mari meurt, elle est dégagée de la loi qui la liait à son mari. »

Il en est de même si c'est la femme qui meurt. Et encore une fois, si tant est que JESUS-CHRIST fut l'Epoux de la Nation Israélienne, en tant que nation,  cette dernière fut mise à mort en l'an 70, et JESUS-CHRIST fut, encore une fois, libéré du lien légal de l'alliance évoquée par ceux qui n'arrivent pas à considérer correctement l'Israël de DIEU et la Nation israélienne.

Il  faut être conséquent avec la Loi, quand on veut justifier ses visions ! JESUS-CHRIST a renversé le mur de séparation, « Car il est notre paix, lui qui des deux n’en a fait qu’un, et qui a renversé le mur de séparation, ». Prendre en considération le judaïsme d’Israël, ou le temple de Jérusalem, dans une lecture Chrétienne du monde, et leur donner un rôle quelconque, en rapport à l'avènement de JESUS-CHRIST, c'est travailler contre JESUS-CHRIST, c'est relever le mur qu'il a renversé. C'est maintenir une distinction là où DIEU lui-même ne distingue plus. Car il n'y a plus ni juifs ni Grecs. C’est l’affirmation radicale de la foi chrétienne ! Celui qui maintient les divisions, ce n'est pas JESUS-CHRIST...

Nos difficultés à comprendre le prophète ZACHARIE, le Prophète EZECHIEL, le livre de DANIEL, l'Apocalypse de JEAN, voire le livre de Romains, ou encore tous les enseignements de la Genèse et des livres de la Loi, et finalement même les évangiles, ne peuvent, en aucun cas, justifier les incroyables grands écarts doctrinaux, dans lesquels certains font revenir JESUS-CHRIST, en deux temps, au mépris des avertissements les plus évidents qu’il donne à propos de son retour. Grand écart quand ils maintiennent d'une part la Jérusalem Céleste et d'autre part la terrestre qui finit par supplanter la Céleste. Grand écart encore, quand ils affirment qu’au retour de JESUS-CHRIST seul ceux qui seront prêts iront à la rencontre du Seigneur, et pour les autres, il faudra attendre !

Nous voulons encore une fois citer Paul dans son épître à Timothée « Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine  doctrine; mais, ayant la démangeaison d’entendre des choses agréables,  ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l’oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables».

L’Ecriture affirme que JESUS-CHRIST, notre Roi, a franchi le tabernacle céleste, qui n'est pas fait de main d'homme, qui n'est pas de cette création. Que JESUS-CHRIST, notre Roi, s'est assis à la droite de la Majesté divine de DIEU, et a inauguré pour nous, un accès à ce tabernacle céleste, là où il nous a fait asseoir.

Que JESUS-CHRIST, notre Roi nous enseigne que " l'heure vient et elle est déjà venue où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité"[3].

C'est ce JESUS-CHRIST, notre Divin Sauveur, que l'on veut ramener sur terre pour régner dans un temple fait de main d'homme, ou encore dans un temple qui descendra du ciel, pour se poser sur terre. BLASPHEME ! N’avez-vous rien de mieux qu’un marche-pied pour poser le trône du ROI ? Car la terre est son marche-pied[4] !

Que nous dit l'épître aux Hébreux ? D'une part, en  Hébreux 6:19-20 que  " Cette espérance, nous la possédons comme une ancre de l’âme, sûre et solide; elle pénètre au delà du voile, là où JESUS-CHRIST est entré pour nous comme précurseur, ayant été fait souverain sacrificateur pour toujours, selon l’ordre de Melchisédech."

 Et d'autre part, en Hébreux 9:3-12 que " Derrière le second voile se trouvait la partie du tabernacle appelée le saint des saints, renfermant l’autel d’or pour les parfums, et l’arche de l’alliance, entièrement recouverte d’or. Il y avait dans l’arche un vase d’or contenant la manne, la verge d’Aaron, qui avait fleuri, et les tables de l’alliance. Au–dessus de l’arche étaient les chérubins de la gloire, couvrant de leur ombre le propitiatoire. Ce n’est pas le moment de parler en détail là–dessus. Or, ces choses étant ainsi disposées, les sacrificateurs qui font le service entrent en tout temps dans la première partie du tabernacle; et dans la seconde le souverain sacrificateur seul entre une fois par an, non sans y porter du sang qu’il offre pour lui–même et pour les péchés du peuple.  Le Saint–Esprit montrait par là que le chemin du lieu très saint n’était pas encore ouvert, tant que le premier tabernacle subsistait. C’est une figure pour le temps actuel, où l’on présente des offrandes et des sacrifices qui ne peuvent rendre parfait sous le rapport de la conscience celui qui rend ce culte, et qui, avec les aliments, les boissons et les diverses ablutions, étaient des ordonnances charnelles imposées seulement jusqu’à une époque de réformation.

Mais JESUS-CHRIST est venu comme souverain sacrificateur des biens à venir; il a traversé le tabernacle plus grand et plus parfait, qui n’est pas construit de main d’homme, c’est–à–dire, qui n’est pas de cette création; et il est entré une fois pour toutes avec son propre sang, ayant obtenu une rédemption éternelle."

JESUS-CHRIST notre Roi a traversé un tabernacle qui n'est pas de cette création, nous pouvons le répéter avec force : Tabernacle qui n'est pas de cette création :

Hébreux 10:19-22 "  Ainsi donc, frères, puisque nous avons, au moyen du sang de JESUS-CHRIST, une libre entrée dans le sanctuaire par la route nouvelle et vivante qu’il a inaugurée pour nous au travers du voile, c’est–à–dire, de sa chair, et puisque nous avons un souverain sacrificateur établi sur la maison de DIEU, approchons–nous avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi, les cœurs purifiés d’une mauvaise conscience, et le corps lavé d’une eau pure."

 Le Roi David depuis bien longtemps l’exprimait avec clarté au Psaume 24 : 3-6 « Qui pourra monter à la montagne de l’Eternel ? Qui s’élèvera jusqu’à son  lieu saint ? -  Celui qui a les mains innocentes et le cœur pur; Celui qui ne livre pas son âme au mensonge, et qui ne jure pas pour tromper.  Il obtiendra la bénédiction de l’Eternel, La miséricorde du DIEU de son  salut.  Voilà le partage de la génération qui l’invoque, De ceux qui cherchent  ta face, de Jacob! »

Le sanctuaire auquel nous avons dès maintenant accès, et celui que David avait à l’esprit, n'est pas de cette création. Et c'est ainsi que l’on peut aussi comprendre les paroles du Prophète. Esaïe 56 : 7 "Je les amènerai sur ma montagne sainte, Et je les réjouirai dans ma maison de prière; Leurs holocaustes et leurs sacrifices seront agréés sur mon autel; Car ma maison sera appelée une maison de prière pour tous les peuples."

Oui, la maison de l'Eternel est une maison de prière pour tous les peuples. En effet, chaque fois qu'un homme, se tient en présence de DIEU, il est en Terre Sainte. Il lui est commandé d'ôter ses souliers, comme ce fut le cas pour Moïse[5] au mont Sinaï[6], qui rappelons-le, se situe en Arabie et non en Palestine, non en Israël. L'Eternel dit à Moïse que cette Terre est Sainte. Moise doit enlever ses souliers. Car il a dans ses souliers la poussière de la marche symbolisant les péchés accumulés quotidiennement. Cela nous renvoie non seulement aux propos de JESUS-CHRIST, qui ayant envoyé ses disciples annoncer la bonne nouvelle, leur prescrit de secouer la poussière de leurs pieds là où il ne seront pas reçus et ainsi les péchés de cette ville seront retenus contre elle. Matthieu 10 : 14 « Lorsqu’on ne vous recevra pas et qu’on n’écoutera pas vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville et secouez la poussière de vos pieds. ». Marc 6 : 11 « Et, s’il y a quelque part des gens qui ne vous reçoivent ni ne vous écoutent, retirez–vous de là, et secouez la poussière de vos pieds, afin que cela leur serve de témoignage. ». Luc 9 : 5 « Et, si les gens ne vous reçoivent pas, sortez de cette ville, et secouez la poussière de vos pieds, en témoignage contre eux. »

Luc 10 : 11 « Nous secouons contre vous la poussière même de votre ville qui s’est attachée à nos pieds; sachez cependant que le royaume de DIEU s’est approché. »

Mais aussi à JESUS-CHRIST notre Roi, qui lave les pieds de ses disciples[7] ! Tout le corps lui dit Pierre ! Non !  Celui qui est déjà pur, a seulement besoin de se laver les pieds. Nous sommes nous aussi déjà « purs » par notre conversion, et nous n’avons besoin que d’avoir les pieds lavés chaque jour par le Seigneur à cause de nos péchés quotidiens. N’est-ce pas ce que nous faisons chaque jour lors de nos prières ? Nous disons donc, que là où un homme repentant, prie dans le nom de JESUS-CHRIST, il lui est donné d'être en Esprit dans le Tabernacle céleste, là où JESUS-CHRIST règne…

Aussi, il n'y a d'autre Terre Sainte que partout où se tiennent des chrétiens, invoquant le sacrifice de JESUS-CHRIST pour le pardon de leur péché, confessant à DIEU leurs iniquités, d'un cœur repentant, suppliant et intercédant par la prière. Tous ces lieux sont des terres Saintes, car en ces lieux, des hommes sont en présence de DIEU. Et c'est en Esprit qu'ils adorent, c'est en Esprit qu'ils prient, c'est en Esprit qu'ils sont réellement dans le tabernacle céleste, là où le Seigneur nous fait asseoir. "C'est pourquoi la maison de DIEU sera appelée une maison de Prière pour toutes les nations."

Il nous est dit «  approchons–nous avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi, les cœurs purifiés d’une mauvaise conscience, et le corps lavé d’une eau pure. ».

Celui qui a conscience de cette position, qu'a t-il à attendre d’un temple de pierre, même recouvert d’or ? C'est déjà jour et nuit qu’il rentre dans le temple, sans que jamais les portes ne soient fermées.

Incommensurable richesse de la bonté de DIEU envers ses rachetés. Il suffit de prendre conscience de cette position pour être transporté dans l'allégresse de la présence de DIEU. Pour que nos yeux s'ouvrent, et que nous voyions nous aussi, les chars de l'Eternel[8]. N'est-ce pas assez que le Fils de DIEU se soit incarné, qu'il ait souffert, qu'il soit ressuscité, qu'il soit monté aux cieux là où il règne. Et voilà que on veut le faire régner sur la terre, à Jérusalem. Cherchons-nous réellement à contempler la gloire du Seigneur ou imitons-nous ceux dont le cœur sans intelligence a été plongé dans les ténèbres[9] ?

Osons une fois de plus, en toute liberté dire, tout en nous rappelant que le salut vient du Juif, que l'Evangile appelle à l'amour du prochain. Que JESUS-CHRIST notre Roi, nous enseigne dans la parabole du samaritain[10], qui est notre prochain : le Juif comme le non Juif, est notre prochain. Et pour être plus juste dans notre propos, l'amour du prochain n'est pas un simple appel, mais un commandement. Bien plus ! Le Seigneur nous dit d’aimer notre ennemi, et de bénir ceux qui nous maudissent, à l'exemple d'Etienne[11]...

Et encore une fois, nous sommes appelés à notre tour, comme ce fut le cas pour Noé, pour Abraham, pour Jacob, pour Jean le Baptiste, mais aussi pour Jérémie, pour Ezéchiel, pour Daniel, et tous les autres à vivre de la foi. C'est la doctrine de la foi qui fonde et détermine notre vision du monde et non l'inverse.

Les bouleversements convulsifs du monde, et les tragédies humaines individuelles ou collectives doivent nous interpeller, et questionner notre foi, mais ils ne sauraient en fonder la doctrine. C'est par la foi que nous sommes appelés à vivre et non par la vue.

C'est une doctrine claire et bien établie, qui nous permettra de lire le temps, quand nous lisons le texte, en ayant soin d'être prudent, car nous est-il dit, "un peu de levain fait lever toute la pâte.[12]"

C’est méconnaître ou tenir pour peu de chose cet avertissement du Seigneur, que de frayer avec le levain du millénarisme. Que de considérer que s’agissant d’eschatologie, il n’est pas bien grave que les « avis » soient divergents ! Cela pourrait l’être en effet,  mais c’est ici l’arbre qui cache la forêt. Toute eschatologie renvoie à une interprétation de l’ensemble des textes bibliques, car elle doit avoir une cohérence interne qui la conforme au texte. Et c’est bien ici, la perversion grossière de cette approche : afin de conformer les visions millénaristes et « dispensationalistes » au texte, il faut museler l’Ecriture, en réservant à l’Israël de la chair, la quasi totalité des interprétations des prophéties de l’ancien testament. Ainsi le texte ne parle plus pour nous chrétiens de la nouvelle alliance. Et la parole est réduite au silence ! Osée 4 : 6  « Mon peuple est détruit, parce qu’il lui manque la connaissance. Puisque  tu as rejeté la connaissance, Je te rejetterai, et tu seras dépouillé  de mon sacerdoce; Puisque tu as oublié la loi de ton Dieu, J’oublierai  aussi tes enfants. ».

La parole est réduite au silence, de même que les chrétiens, animaux purs selon les symboles de la loi, sont privés de leur fonction la plus significative, celle par laquelle ils peuvent s’alimenter dans le pâturage de l’Eternel ! Lévitique 11 : 3  « Vous mangerez de tout animal qui a la corne fendue, le pied fourchu, et  qui rumine. ». Le chrétien est un ruminant, pas seulement sous la figure de la méditation de la parole, mais surtout et essentiellement, parce qu’il mange une nourriture qui a déjà été avalée. La même nourriture est avalée deux fois. Ainsi des prophéties, des paroles qui ont déjà fait sens, une première fois dans l’Israël de la chair, sont de nature à faire sens, une deuxième fois pour le chrétien, en devenant un aliment nourricier. Aujourd’hui les Chrétiens qui sont au bénéfice du travail des Juifs de l’ancienne alliance, n’ont plus à chercher l’herbe,  mais seulement à la brouter. Ils ont dans l’ancien et le nouveau testaments toute la nourriture : Ils doivent la ruminer, la méditer et s’en nourrir. Il faut bien entendu à cela ajouter le long travail des pères non apostoliques, et de tous nos prédécesseurs dans la foi.  Lorsque l’on réduit le texte à une simple lecture historique et que l’on confère aux juifs de la chair le bénéfice des prophéties bibliques encore en ce jour, cela revient à vomir le texte et non le ruminer ! Cela revient à déchirer des pages entières de la Bible, à ravager le pâturage de l’Eternel.

C’est, ne pas entendre l’ Ecclésiaste 1:9  « Ce qui a été, c’est ce qui sera, et ce qui s’est fait, c’est ce qui se  fera, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. », et qui connaissant la dureté de notre entendement, nous redit : en Ecclésiaste 3:15  « Ce qui est a déjà été, et ce qui sera a déjà été, et Dieu ramène ce qui  est passé. ».

C’est ne pas comprendre que le pied fourchu, fait reposer le Chrétien sur l’ancienne et la nouvelle alliance, sur l’ancien et le nouveau testament, mais que la corne, symbole de puissance, de royaume qui repose sur la terre, cette corne est fendue. Il y a séparation entre les deux royaumes, et non réunification sur terre de ces deux royaumes. C’est dans le ciel que sont unifiés ceux de l’ancienne et ceux de la nouvelle alliance ! Tout le monde parviendra à la perfection en même temps !

Lorsqu’ Abraham offre ses sacrifices en  Genèse 15 :5 « Et après l’avoir conduit dehors, il dit: Regarde vers le ciel, et compte  les étoiles, si tu peux les compter. Et il lui dit: Telle sera ta  postérité.  Abram eut confiance en l’Eternel, qui le lui imputa à justice.  L’Eternel lui dit encore: Je suis l’Eternel, qui t’ai fait sortir d’Ur  en Chaldée, pour te donner en possession ce pays.  Abram répondit: Seigneur Eternel, à quoi connaîtrai-je que je le posséderai?  Et l’Eternel lui dit: Prends une génisse de trois ans, une chèvre de  trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et une jeune colombe.  Abram prit tous ces animaux, les coupa par le milieu, et mit chaque  morceau l’un vis-à-vis de l’autre; mais il ne partagea point les oiseaux. »Les animaux terrestres sont partagés par le milieu, tout comme Le voile du temple est fendu par le milieu[13], et le livre d’Hébreux nous dit que le voile, est image de la chair CHRIST[14]. Il y a alliance au travers de la chair ! Les morceaux placés en vis-à-vis, la symétrie de la séparation nous rappellent que les deux parties formant le corps seront séparées,  et c’est au milieu que passe le feu de DIEU. L’Eglise ou encore le corps de  Christ,  est la réunion des deux qui n’en font qu’un. Toutefois, il y a séparation, et  le passage de DIEU en JESUS-CHRIST est symbolisé par le feu qui traverse les animaux par le milieu[15]. Entre les deux, s’opèrent la venue et le ministère de Christ. C’est une alliance en sa chair. Les animaux terrestres ne sont pas recollés. La réunification est annoncée par la colombe et la tourterelle,  figures d’animaux célestes qui eux ne sont pas partagés. Cette colombe et cette tourterelle sont l’image de l’aboutissement de la création spirituelle.

Annoncer une réunification terrestre de l’Eglise et d’Israël, et attendre la reconstruction d’un temple, c’est  recoller les morceaux, c’est recoller le voile du temple qui fut déchiré ! C’est  après la consommation d’un mariage, qui est symbolisée par le déchirement de l’hymen de l’Epouse par l’Epoux, et qui ouvre le temps de la procréation, recoudre l’hymen de l’épouse ! Eve, femme d’Adam est chair de sa chair, os de ses os, et quand il connaît sa femme, c’est comme s’ il déchirait sa propre chair en l’hymen d’Eve.

Christ est venu comme souverain sacrificateur, et il a offert le sacrifice de son propre corps. Les perfections invisibles de Dieu se voient comme à l’œil nu, quand on les considère dans ses ouvrages, nous rappelle l’Apôtre Paul.

 Ainsi, répandre le millénarisme c’est ôter plus d’un iota à la Loi, au mépris de l’avertissement solennel de JESUS[16] notre Roi.

Revenons à Galates...Que dit le texte ? "Car il est écrit qu’Abraham eut deux fils, un de la femme esclave, et un de la femme libre. Mais celui de l’esclave naquit selon la chair, et celui de la femme libre naquit en vertu de la promesse."Ainsi donc, Ismaël fils d'Agar, la femme esclave, l'esclave Egyptienne, est une représentation symbolique des Juifs qui sont dans la servitude de la Loi.

Ismaël, selon l'Apôtre Paul n'est pas une représentation des Arabes, comme le prétendent ceux qui font une lecture « Scofildienne des Ecritures », mais une représentation du peuple Juif, qui a été formé par DIEU, dans le creuset de L'Egypte et de la Servitude. Agar est l'Egypte, elle est la servante de DIEU.

Par contre Isaac, enfant de la promesse, est une représentation des Chrétiens de la nouvelle Alliance, des croyants de la Jérusalem Céleste, introduits dans la présence de DIEU, par la foi en JESUS-CHRIST, quelles que soient leurs origines. Nous pouvons nous référer à Romains 9:7-8 pour éclairer cette question, « et, pour être la postérité d’Abraham, ils ne sont pas tous ses enfants; mais il est dit: En Isaac sera nommée pour toi une postérité,  c’est–à–dire que ce ne sont pas les enfants de la chair qui sont enfants de DIEU, mais que ce sont les enfants de la promesse qui sont regardés comme la postérité. »Il nous est dit d'une part qu'une postérité sera nommée en Isaac, et il faut retenir la formule ; la postérité sera nommée.

D'autre part, il nous est aussi dit, que ce ne sont pas les enfants de la chair qui sont enfants de DIEU, mais que ce sont les enfants de la promesse qui sont regardés comme la postérité. Là encore, la même idée est exprimée : la postérité est nommée, elle est regardée comme, elle n’est pas le résultat de la génétique.

C'est ici qu'il nous faut tenter de nous extraire de nos considérations personnelles, voire naturelles, sur les questions de postérité et qu’il faut essayer d'adopter le regard de DIEU sur sa création, si tant est que cela puisse nous être donné par le Saint Esprit. Nous soutenons que la notion de postérité doit être étudiée en propre.

C'est pourquoi il nous faut interroger le Texte sur la question de l'établissement d'une postérité. Et c’est le livre de la genèse qui nous offre un merveilleux éclairage sur cette question.

En Genèse 5, l'Ecriture nous offre un modèle très instructif . Arrêtons-nous pour l'instant sur les huit premiers versets. « Voici le livre de la postérité d’Adam. Lorsque DIEU créa l’homme, il le fit à la ressemblance de DIEU. Il créa l’homme et la femme, il les bénit, et il les appela du nom d’homme, lorsqu’ils furent créés. Adam, âgé de cent trente ans, engendra un fils à sa ressemblance, selon son image, et il lui donna le nom de Seth. Les jours d’Adam, après la naissance de Seth, furent de huit cents ans; et il engendra des fils et des filles. Tous les jours qu’Adam vécut furent de neuf cent trente ans; puis il mourut. Seth, âgé de cent cinq ans, engendra Enosch. Seth vécut, après la naissance d’Enosch, huit cent sept ans; et il engendra des fils et des filles. Tous les jours de Seth furent de neuf cent douze ans; puis il mourut. »

Nous pouvons faire, quatre remarques immédiates.

1.    Le livre de la postérité d'Adam commence avec la création d'Adam par DIEU.

2.    Le principe de la postérité paraît être indiqué au commencement du livre ; « à sa ressemblance, selon son image. »

3.    Abel n'est pas dans le livre de la postérité d'Adam et il est pourtant de sa descendance

4.    Caïn n'est pas dans le livre de la postérité d'Adam et il est pourtant de sa descendance.

Examinons en premier lieu ces quatre points.

Il nous est dit, dans le livre de la postérité d'Adam, qu'il fut lui-même créé à la ressemblance de DIEU,  ce qui nous conduit à :

Genèse 1:26-27 " Puis DIEU dit : faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. DIEU créa l’homme à son image, il le créa à l’image de DIEU, il créa l’homme et la femme."

Cette création de l'homme à l'image de DIEU est répétée trois fois dans ces versets.

Cette répétition nous interpelle par l'insistance ternaire de notre DIEU trinitaire. Certes, la « création à l'image de » ne peut  être comprise dans son acception physique et terrestre, mais approchée dans la dimension spirituelle et mentale, d'un être qui, ayant la conscience de soi, est doté de raison et de volonté.

C'est donc selon l'image spirituelle de DIEU, qu'Adam est crée en un premier temps, non pas à l'image corporelle et physique d'un DIEU qui rappelons-le, est par sa substance incorporel. « DIEU est Esprit », nous dit JESUS-CHRIST notre Roi. On peut au verset 3, repérer le principe de l'établissement d'une postérité. Car il est dit qu' "Adam engendra un fils à sa ressemblance et selon son image et il lui donna le nom de Seth".

Cette répétition de «  à sa ressemblance et selon son image » de Dieu à Adam puis d’Adam à Seth, nous indique que la postérité s'établit donc selon le principe de la ressemblance spirituelle, et non pas selon le cours de la descendance de la chair.

L’Eternel ayant posé ce principe dès le début du livre de la postérité d’Adam, il n’est point besoin que cela soit répété à chaque engendrement. Les remarques concernant Abel et Caïn vont confirmer l'établissement de ce principe. Car c'est pour notre instruction que ces choses ont été écrites de cette manière.

Abel n’est pas dans le livre de la postérité d’Adam ! Ainsi on pourrait opposer que DIEU porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande, qu'il est le fils d'Adam, et donc pourquoi n'est-il pas cité dans le livre de la postérité ?

Ce à quoi, il convient de répondre, qu'Abel est une figure de JESUS-CHRIST, qui subit le meurtre par la main injuste de son frère. Lui dont la personne et l'offrande sont agréées par DIEU. Or il nous est dit en Genèse 4:25 "Adam connut encore sa femme; elle enfanta un fils, et l’appela du nom de Seth, car, dit–elle, DIEU m’a donné un autre fils à la place d’Abel, que Caïn a tué."  Seth apparaît lui, comme celui qui est donné en remplacement, on peut donc en conclure que Abel et Seth, sont des figures d'un même JESUS-CHRIST. Deux personnes exprimant dans la mort du premier et la naissance du second, une seule et même personne.

JESUS-CHRIST, crucifié à la croix par ses frères, c’est Abel tué par Caïn.

JESUS-CHRIST, ressuscité s'exprime par Seth qui est donné à la place d'Abel.

Ainsi, l'absence de mention d'Abel dans la postérité d'Adam, fait de lui une typologie encore plus parlante et plus parfaite. De cette manière les deux, Abel et Seth, se fondent pour exprimer un seul JESUS-CHRIST crucifié et ressuscité. C’est pourquoi, seul le nom de Seth est mentionné.

Le livre de la postérité d'Adam n'a pas pour objet de nous donner une description intégrale, personne après personne, de toute la postérité d'Adam, mais de nous instruire sur cette question. L'écriture biblique des généalogies, nous confirme ce fait. Des noms sont quelque fois omis, dans des reprises de généalogie.

 Le cas de Caïn est encore plus riche en enseignement, car non seulement il ne figure pas dans la postérité d'Adam, bien qu'il en soit le fils aîné, mais en plus, sa généalogie est donnée à part, sans qu'il soit fait mention de notion de postérité. Contrairement au témoignage d'Abel, dont l'offrande fut rendue plus parlante à cause de sa foi, les écrivains bibliques ont assimilé Caïn au  type du faux docteur.

JESUS-CHRIST nous dit que le sang d'Abel sera demandé à une génération rebelle. C'est pourquoi Caïn ne peut être placé dans la postérité d'Adam, car il n'est pas à la ressemblance spirituelle d'Adam, ni à celle de DIEU. Nous pouvons dire que nous sommes de « la postérité de ceux que l'on imite spirituellement, de ceux à la ressemblance desquels on agit.» L’imitation spirituelle dépassant le cadre des formes extérieures contenues dans le religieux, pour atteindre les dispositions du cœur dans sa soumission à DIEU. Avant de poursuivre notre développement sur la figure de Caïn,  faisons un bref retour, aux versets cités plus haut en Romains 9:8, Il est écrit « c’est–à–dire que ce ne sont pas les enfants de la chair qui sont enfants de DIEU, mais que ce sont les enfants de la promesse qui sont regardés comme la postérité. ». La notion de postérité, selon l'apôtre Paul peut être confondue avec celle d'enfants de DIEU. C'est dans cette lecture que l’Ecriture veut nous conduire,  quand le livre de la postérité d'Adam commence par la création d'Adam à l'image et à la ressemblance de DIEU.

DIEU se pose non seulement comme le créateur d'Adam, mais aussi, en quelque sorte comme son père. Et le Seigneur nous apprenant à prier, nous dit en Matthieu 6:9 «  Voici donc comment vous devez prier: Notre Père qui est aux cieux ! Que ton nom soit sanctifié; ».

Afin d’éviter toute confusion, précisons que nous pouvons dire cela sans franchir le pas de la filiation naturelle, nous ne sommes pas les enfants naturels de DIEU ! Nous sommes les enfants naturels d’Adam qui par sa faute nous à destinés à la mort. Nous sommes devenus enfants d’adoption, au bénéfice d’une rédemption légale, satisfaisant la justice pénale de DIEU, satisfaisant pleinement DIEU ! Cela dit, nous ne sommes pas moins ses enfants, et il a fait pour nous, et en nous, ce qu’aucun père naturel ne pourra jamais accomplir !

En nous référant à Romains 5:14 « Cependant la mort a régné depuis Adam jusqu’à Moïse, même sur ceux qui n’avaient pas péché par une transgression semblable à celle d’Adam, lequel est la figure de celui qui devait venir. »,  il en découle qu’Adam est la figure de celui qui devait venir à savoir JESUS-CHRIST. 1 corinthiens 15:45 «  C’est pourquoi il est écrit: Le premier homme, Adam, devint une âme vivante. Le dernier Adam est devenu un esprit vivifiant ».

Le premier homme, terrestre et charnel, devint une âme vivante et nous sommes la continuité terrestre et charnelle de ce premier Adam. Premier Adam créé par Dieu avec la poussière, l’argile,  la terre.

JESUS-CHRIST est dernier Adam car il est le dernier premier homme. Il est un esprit vivifiant. Lui qui, par sa mort et sa résurrection, satisfait pleinement DIEU, et nous arrache de la boue du péché, pour faire de nous des hommes nouveau-nés.

Le livre de la postérité d’Adam est le livre de vie d'Apocalypse 13:8 « Et tous les habitants de la terre l’adoreront, ceux dont le nom n’a pas été écrit dès la fondation du monde dans le livre de vie de l’agneau qui a été immolé. » ou du Psaumes 69:28 « Qu’ils soient effacés du livre de vie, et qu’ils ne soient point inscrits avec les justes! ».

Ayant dégagé cette perspective, revenons à la personne de Caïn qui va nous renseigner encore davantage, sur la question de la postérité, tout en éclairant la doctrine Paulinienne de la mise à l'écart de l'Israël de la chair, n'en déplaise à certains. Faisons lecture du passage suivant, Genèse 4:2 "Elle enfanta encore son frère Abel. Abel fut berger, et Caïn fut laboureur.  Au bout de quelque temps, Caïn fit à l’Eternel une offrande des fruits de la terre ;  et Abel, de son côté, en fit une des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse. L’ETERNEL porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande ;  mais il ne porta pas un regard favorable sur Caïn et sur son offrande. Caïn fut très irrité, et son visage fut abattu.   Et l’Eternel dit à Caïn: Pourquoi es-tu irrité, et pourquoi ton visage est-il abattu? Certainement, si tu agis bien, tu relèveras ton visage, et si tu agis mal, le péché se couche à la porte, et ses désirs se portent vers toi: mais toi, domine sur lui.   Cependant, Caïn adressa la parole à son frère Abel; mais, comme ils étaient dans les champs, Caïn se jeta sur son frère Abel, et le tua. L’Eternel dit à Caïn: Où est ton frère Abel? Il répondit: Je ne sais pas; suis-je le gardien de mon frère?  Et DIEU dit: Qu’as-tu fait ? La voix du sang de ton frère crie de la terre jusqu’à moi.  Maintenant, tu seras maudit de la terre qui a ouvert sa bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère.  Quand tu cultiveras le sol, il ne te donnera plus sa richesse. Tu seras errant et vagabond sur la terre.  Caïn dit à l’Eternel: Mon châtiment est trop grand pour être supporté. Voici, tu me chasses aujourd’hui de cette terre; je serai caché loin de ta face, je serai errant et vagabond sur la terre, et quiconque me trouvera me tuera.  L’ETERNEL lui dit: Si quelqu’un tuait Caïn, Caïn serait vengé sept fois. Et l’Eternel mit un signe sur Caïn pour que quiconque le trouverait ne le tuât point.  Puis, Caïn s’éloigna de la face de l’Eternel, et habita dans la terre de Nod, à l’orient d’Eden. *

L'un est laboureur et l'autre berger. La profession de berger n'a pas besoin d'être commentée, car les écritures insistent fortement sur le caractère symbolique de cette activité : Abel, Jacob, Moïse, David, furent bergers; le psalmiste nous dit " L'Eternel est mon berger[17]", et JESUS-CHRIST notre Roi se présente lui-même comme "le bon berger[18]". L'activité de laboureur est moins mise en évidence, toutefois elle n'est pas présentée négativement dans l'Ecriture, car dès le commencement, Adam est appelé à cultiver le Jardin où il est placé. Ces deux activités sont les deux caractéristiques permanentes de l'activité Chrétienne ; le berger symbolisant l'activité pastorale de conduite du peuple de DIEU. Le laboureur symbolisant l'activité doctorale d'interrogation du texte et de la parole, en vue de la prédication et l'établissement de la doctrine pour l'édification du peuple de DIEU. Il n’y a pas d’exclusion réciproque et l’Ecriture n’oppose pas ces activités. Elles sont au contraires honorées.

Cependant l’Ecriture fustige les faux bergers, les loups ravisseurs, de même qu’elle dénonce l’activité des faux docteurs. Toutefois le couple du berger et du docteur, est une constante de l’Ecriture. Ce sont les deux traits des disciples et serviteurs de DIEU.

Il faut un cœur spirituel  pour conduire avec douceur les brebis du Seigneur, il faut de l’intelligence spirituel pour labourer selon Dieu le texte biblique. Pendant 40 ans en Egypte Moïse est préparé doctoralement par Dieu qui permet qu’il soit éduqué dans toute la sagesse des Egyptiens, et pendant 40 autres années, il devient un berger afin que pendant les 40 dernières années de sa vie, il conduise le peuple de DIEU dans le désert, comme Berger et comme Docteur, le plus grand de tous.

Adam et Eve dans le jardin devaient le cultiver, ils avaient reçu du bon berger,  des brebis,  un pâturage en Eden,  et des instructions nourricières. Ils désobéirent et se nourrirent de fruits interdits qui leur ouvrirent l’intelligence sans Dieu, c’est à dire les portes de l’abîme !  Abel était berger et Caïn laboureur.

 L'Ecriture nous dit que « L’ETERNEL porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande ». Ce fut aussi le cas de JESUS-CHRIST, sur la personne duquel l'Eternel porta un regard favorable[19] ainsi que sur son offrande ; l'offrande même de sa personne. « Mais il ne porta pas un regard favorable sur Caïn et sur son offrande. »

Bien que nous ne nous proposions pas de traiter sous toutes ses latitudes la question qui surgit à la lecture de cette déclaration, à savoir pourquoi l’approbation d’Abel et le rejet de Caïn, nous voulons tout de même rappeler qu’il n’y a pas, dans ce verdict, une problématique d'élection comme certains très respectables théologiens l'ont cru en toute bonne foi. A la question pourquoi DIEU n' a-t-il pas agréé l'offrande de Caïn ? On ne peut répondre par la problématique de l'Election. Et surtout, on ne peut prendre comme appui le rejet d’Esaü et la grâce de Jacob.

En effet, dans le cadre de l'Election, DIEU agrée qui il veut, selon le bon vouloir de sa volonté, sans qu'aucune raison ne puisse ni soutenir ni justifier son choix. Choix qu’il ne justifie jamais. Choix fondamentalement injustifiable ! De cette manière l'Election porte sur la personne et non sur les œuvres accomplies.

Dans le cas d’Abel et de Caïn, il est question d’œuvres ! Il s’agit de connaître les raisons et les critères de l’approbation de DIEU, lors de la présentation d'une offrande par une personne. Et si nous ignorions les critères d’approbation de DIEU, aux œuvres que nous lui présentons, notre vie chrétienne se résoudrait à une tension  insupportable entre schizophrénie et paranoïa ! Or, s’il est un bien auquel nous avons dès aujourd’hui accès, c’est la paix de DIEU. « Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs  et vos pensées en Jésus-Christ. » .

Ce que nous apprend le texte, c’est le mouvement du regard de Dieu sur l’un comme sur l’autre, dans la perspective des œuvres présentées, des offrandes présentées.

Et dans un cas pareil, nous ne pouvons nous réfugier derrière l'Election de la Grâce, sans ruiner en même temps, la foi et donc la confiance que nous devons avoir en DIEU.  La question posée, est celle du regard de DIEU sur l'offrande présentée, et sur celui qui la présente ! Et si la question de l’offrande est inséparable d’un questionnement sur celui qui la présente, nous ne sommes pas pour autant dans le lieu de l’élection !

La question est : Quelle est l’aune du jugement des œuvres ?

Et la réponse de DIEU, le regard de DIEU dans cette problématique, est de nous instruire en nous montrant que conformément à sa parole, il porte son regard et son jugement, d'abord sur la personne, et ensuite sur l'offrande.

L’Apôtre Paul nous rappelle le contexte de l’élection quand s’agissant d’Esaü et de Jacob, il précise en Romains 9 :10-11 « Et, de plus, il en fut ainsi de Rébecca, qui conçut du seul Isaac notre  père;   car, quoique les enfants ne fussent pas encore nés et qu’ils n’eussent  fait ni bien ni mal, -afin que le dessein d’élection de Dieu subsistât,  sans dépendre des oeuvres, et par la seule volonté de celui qui appelle, » Il n’avait encore fait ni bien ni mal afin que le dessein d’élection subsistât. Il n’étaient même pas nés ! Ce qui nous autorise à dire qu’en dépit du fait que ce n'est pas l'offrande en soi qui est premièrement jugée, pesée, mais la disposition du cœur, il convient par le simple fait qu’il s’agisse d’un regard sur une œuvre,  d’ écarter la réponse de l’élection.

Car en effet, le jugement  de DIEU ne  vise pas  la  personne en tant que telle mais la disposition du cœur, et la foi. Car il est écrit que « nul ne peut être agréable à DIEU sans la foi ». L’aune c’est la foi !

Nous sommes donc ici, en dehors de toute question immédiate d'élection, qui d’ailleurs ne se pose jamais dans un contexte de jugement des actes, mais toujours en terme de Grâce. C’est ce que nous montre l’Apôtre Paul en Ephésiens 2 :1-4,  par la rupture radicale qu’il opère dans sa description des hommes avant et après leur salut. Il n’y a qu’un « mais » qui est celui de la miséricorde et de l’amour de Dieu.

« Vous étiez morts par vos offenses et par vos péchés, dans lesquels vous marchiez autrefois, selon le train de ce monde, selon  le prince de la puissance de l’air, de l’esprit qui agit maintenant dans  les fils de la rébellion.  Nous tous aussi, nous étions de leur nombre, et nous vivions autrefois  selon les convoitises de notre chair, accomplissant les volontés de la  chair et de nos pensées, et nous étions par nature des enfants de colère,  comme les autres… »

Il arrive au point de rupture, et ce point est un « mais » :

« Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il  nous a aimés, nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec Christ  (c’est par grâce que vous êtes sauvés) » Voilà le contexte de l’Election !

Dans le Cas de Caïn et d’Abel, il s'agit du jugement de DIEU sur une œuvre, et le critère est la foi !

C'est la foi d'Abel qui l'emmène à présenter une offrande plus parlante. C'est la foi d'Abel qui le rend agréable à DIEU, et rend aussi son offrande agréable.

Hébreux 11:4 « C’est par la foi qu’Abel offrit à DIEU un sacrifice plus excellent que celui de Caïn; c’est par elle qu’il fut déclaré juste, DIEU approuvant ses offrandes; et c’est par elle qu’il parle encore, quoique mort. ». Notons que ce n’est pas l’excellence de l’offrande d’Abel qui induit son agrément, mais c’est sa foi qui le conduit à l’excellence ! Le fait que nous sachions que Caïn ne fut pas élu, ne nous permet pas d’opérer un raccourci théologique qui va directement de sa non-élection au rejet de son offrande. Le raccourci n’est pas sans risque ! Cela semble être largement confirmé par la suite du texte que nous ne pouvons occulter, si nous voulons répondre de manière conséquente à l’interrogation sous jacente à : « Mais il ne porta pas un regard favorable sur Caïn et sur son offrande. »

Genèse 3 :6-7 « Et l’Eternel dit à Caïn: Pourquoi es-tu irrité, et pourquoi ton visage  est-il abattu?   Certainement, si tu agis bien, tu relèveras ton visage, et si tu agis mal, le péché se couche à la porte, et ses désirs se portent vers toi:  mais toi, domine sur lui. »

Voilà en quoi, le raccourci est périlleux. Nous courons le risque d’induire de la perversion en DIEU. Pour l’un, du fait de l’Election qui relève de son pouvoir discrétionnaire et qui touche simplement par grâce celui qui en est l’objet, il approuve l’offrande, et pour l’autre, il n’agrée pas l’ offrande à cause de la non-élection, tout en l’encourageant à agir bien ? Serait-ce que l’Election dépende des œuvres ? Cette parole de Dieu à Caïn, éclaire la réponse. Caïn n’est pas ici « victime » d’un arbitraire électif. Caïn agit mal, le péché domine sur lui. Et cela n’enlève rien au fait que nous croyons que l’élection relève de l’arbitraire ou encore de la libre disposition ou encore du pouvoir discrétionnaire de Dieu.

« Qui fait grâce à qui il fait grâce ». De plus, des élus peuvent bien présenter des offrandes que DIEU n’agrée pas ! Si l’agrément de l’offrande peut laisser supposer l’élection,  le non-agrément de l’offrande, ne signifie pas forcément la non-élection. On peut donc conclure, que c'est l'absence de Foi de Caïn qui le rend désagréable devant DIEU, et qui fait de son offrande un acte religieux vide de sens pour DIEU. Le centenier romain qui vint vers Jésus, pour obtenir la guérison de son serviteur, que savons-nous de son élection ? Rien ! Nous savons par contre que JESUS-CHRIST à rendu témoignage de sa foi, et ce témoignage nous parle encore aujourd’hui ! Les Apôtres et les Pères de l'Eglise, font de Caïn un type du faux docteur. Ni leur personne, ni leurs offrandes ne sont agréées par DIEU. Voici les termes dans lesquels l’Apôtre Jude parle des faux docteurs :

Jude 1:11 « Malheur à eux! car ils ont suivi la voie de Caïn, ils se sont jetés pour un salaire dans l’égarement de Balaam, ils se sont perdus par la révolte de Coré. » C'est aussi dans cette perspective que JESUS-CHRIST avertira la génération des pharisiens, faux docteurs par excellence sur le fait qu'il devront rendre compte à DIEU depuis le sang d'Abel, jusqu'au sang de ZACHARIE. Luc 11:49 «  C’est pourquoi la sagesse de DIEU a dit: Je leur enverrai des prophètes et des apôtres; ils tueront les uns et persécuteront les autres,  afin qu’il soit demandé compte à cette génération du sang de tous les prophètes qui a été répandu depuis la création du monde,  depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie, tué entre l’autel et le temple; oui, je vous le dis, il en sera demandé compte à cette génération.  Malheur à vous, docteurs de la loi ! parce que vous avez enlevé la clef de la science; vous n’êtes pas entrés vous–mêmes, et vous avez empêché d’entrer ceux qui le voulaient ».

Cette parole est souvent, trop souvent mise sous un boisseau. JESUS-CHRIST notre Roi, nous interpelle ici. Le récit de Caïn et Abel, où se situe-t-il, sinon en présence de DIEU ? Qui offre des offrandes à DIEU ? Sinon ceux qui ont reçu de lui ses ordonnances. Le Seigneur distingue-t-il parmi les offrandes offertes dans les rites païens ? Il nous est que dit Caïn sera chassé de la présence de DIEU. Il semble évident que ne peut-être chassé d’un lieu que celui qui s'y trouve.

Et si les Apôtres assimilent les faux docteurs à Caïn, il faut rappeler que l'écriture ne mentionne la notion de faux docteurs qu' en rapport avec le judaïsme et la chrétienté. L'abattement de Caïn et son visage défait, nous rappellent évidemment la colère et la défaite des scribes et des pharisiens face à JESUS-CHRIST.

Colère, car les miracles que faisait JESUS-CHRIST manifestaient,  témoignaient de  l'approbation de DIEU à sa personne, à l’œuvre qu'il accomplissait, et à l'offrande qu'il présentait. Lui, l'homme de douleur, habitué à la souffrance, lui, le bon Berger des brebis. L'approbation de sa personne et de son offrande lui valent d'être tué par ses frères comme le fut Abel.

Les pharisiens réclamèrent que le sang de ce juste tombe sur eux et leur descendance ! Interrogeons-nous ! La voix du sang d’Abel a-t-elle crié autant que celle de JESUS-CHRIST, pour que son cri parvienne jusqu’à DIEU ?

Ou plutôt son cri est-il parvenu parce qu’il  fait résonner le Sang de JESUS-CHRIST depuis le commencement ? Et de plus y a-t-il un paradoxe en DIEU, qui laisserait tuer Abel qu’il approuve et protègerait Caïn le meurtrier qu’il désapprouve, afin qu’il ne soit pas tué ? Loin de là.

Voilà l’écho de ces deux meurtres :

Matthieu 27:25 «  Et tout le peuple répondit: Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ! »

Genèse 3:11  «  Maintenant, tu seras maudit de la terre qui a ouvert sa bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère. »

La malédiction de Caïn est une annonce des douleurs qui ont frappé ceux qui ont tué le juste.

Nous maintenons cela en affirmant, toutefois avec la même fermeté, que l’annonce des douleurs n’est pas la justification des persécutions ! Parole du CHRIST JESUS :«  Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi; mais pleurez sur vous et sur vos enfants.  Car voici, des jours viendront où l’on dira: Heureuses les stériles, heureuses les entrailles qui n’ont point enfanté, et les mamelles qui n’ont point allaité!  Alors ils se mettront à dire aux montagnes: Tombez sur nous! Et aux collines: Couvrez-nous!  Car, si l’on fait ces choses au bois vert, qu’arrivera-t-il au bois sec ?.

Revenons au livre de la genèse. (Version Jérusalem)

« Yahvé reprit: Qu’as-tu fait ! Écoute le sang de ton frère crier vers moi du sol ! »

Pouvons-nous, nous aussi, tendre l’oreille pour entendre la sollicitude qui s’exprime ici !